Notre communauté à Washington

Derrière les clichés de l’Amérique: une Eglise au carrefour de réalités disparates !
« Yes, we can ! » « Oui, nous le pouvons ! » C’est sous ce slogan affiché du président américain que notre famille est arrivée aux Etats-Unis, avec l’heureux projet de nous mettre au service de l’Eglise Protestante francophone de Washington DC.
Dieu seul sait sous quel slogan nous repartirons, mais une chose est certaine : derrière les slogans volontaristes (interprétés comme arrogants par ceux de l’extérieur) et les clichés d’une Amérique au sommet de la technologie, se trouvent des réalités bien plus profondes qui donnent à notre Eglise un sens à notre ministère à Washington DC. Plusieurs réalités :
Réalité sociologique : notre Eglise multiculturelle fait côtoyer des francophones de nationalités très diverses (Français, Suisses, Belges ; Malgaches ; plus de la moitié des paroissiens viennent du Cameroun) et dont les réalités sociologiques sont très différentes : à côté des familles de passage pour 2-3 ans missionnés par le FMI ou la Banque mondiale, d’autres viennent s’installer définitivement, parfois cumulant problèmes de visas, précarité économique, pénibilité de plusieurs emplois en semaine, au profit cependant d’une intégration (souvent bien réussie) de la seconde génération qui se détache ainsi progressivement du milieu francophone.

Réalité économique : A côté du phénomène récurrent que nombre de nos paroissiens subissent, à savoir le cumul des emplois peu rémunérés et qui les mobilisent le dimanche matin (beaucoup travaillent 7 jours sur 7), celui récent du « Shutdown » est à l’image d’une Amérique parfois radicale : quelques paroissiens, de nombreux citoyens de la région de Washington ont été privés de salaire du jour au lendemain en attendant le compromis provisoire d’un Congrès désuni et offensif. Pour certaines familles c’est le drame lorsque les emprunts reposent sur un salaire et se retrouvent piégées, à la rue à devoir rejoindre les 18000 personnes sans abris de Washington et sa région !

Réalité spirituelle : la diversité des Eglises aux Etats- Unis, de confessions multiples, apporte un foisonnement spirituel, bien qu’il soit souvent cloisonné, en perte de vitesse, et très disparate. Les « mega-churchs » ne doivent pas cacher une autre réalité qui marque l’Amérique : les innombrables églises de quartier (souvent à moitié vides) jouent un rôle important dans le paysage américain. A noter l’émergence de mouvements athées, nostalgiques d’un communautarisme calqués sur le fonctionnement des Eglises (assemblées d’athées le dimanche matin autour de discours philanthropes mêlés de chants enthousiastes).

Notre Eglise s’inscrit dans ce paysage qui marque également la région de Washington, y compris dans le milieu francophone puisque d’autres églises francophones existent, à tendance charismatique, à l’image de la diversité du paysage spirituel. Notre spécificité : notre Eglise est plus qu’une église de quartier : elle regroupe des personnes qui mettent parfois une heure pour venir au culte; d’où une concentration des activités spirituelles le dimanche ; par ailleurs, notre Eglise s’inscrit plutôt dans la tradition des Eglises Réformées ou presbytériennes, avec une volonté d’accueillir la diversité spirituelle et les différents modes d’expressions culturelles.

Notre paroisse vit au carrefour de toutes ces réalités, une Eglise installée semi-nomade, semi-sédentaire. Matière vivante, en mouvance permanente, notre Eglise de Washington ancre son action et son témoignage autour de trois axes qui me semblent importants :

La triple vocation que la paroisse discerne :
– Dimension cultuelle : nos cultes dominicaux rassemblent entre 40 à 60 personnes pour les cultes ordinaires (120 pour les fêtes). Ils sont précédés d’une étude biblique, suivis d’un pot d’amitié ou Potluck (repas). La catéchèse tous les 15 jours permet aux enfants de ne pas perdre leur français !

– Dimension culturelle : nous organisons des conférences tous les mercredis en centre-ville, le midi, réunissant une vingtaine de personnes, Français et Américains francophiles pour discuter de sujets culturels très variés. Cette action est soutenue et appréciée par la communauté francophone au sens large, y compris au niveau consulaire : elle jette un pont culturel et humain entre expatriés et Américains.

– Dimension diaconale : à l’opposé d’un mouvement répandu et peu enclin à s’occuper des personnes sans abris (« NMB, Not in my backyard »/ »Pas dans mon jardin »), plusieurs églises sont à l’origine de l’association Friendship Place qui essaie de reloger et d’intégrer des personnes en situation de grande précarité. Nous sommes membre du Conseil d’administration. Nous avons fait un don et avons récolté des dons alimentaires.

– A ces trois dimensions, s’ajoute une autre : dimension diplomatique : les liens avec les ambassades francophones et notre contribution en tant que représentants d’une certaine frange de la population frnacophone. Notre paroisse est membre du Comité Tricolore qui récolte des fonds pour soutenir des expatriés francophones en difficulté.

Les projets de notre Eglise : quatre chantiers pour répondre à notre vocation cette année. Trois sur quatre sont déjà bien avancés :
– Chantier communication : comment mieux se faire connaître. La refonte de notre site internet permet à chacun de suivre chaque semaine les nouvelles (adresse du site ci-dessous) et devient un outil de plus en plus utilisé.
– Chantier catéchèse : autour du 4ème dimanche du mois avec des WE « Sleepover », veillées et séances étalées sur une partie du WE afin que le caté ne soit pas simplement une leçon mais se manifeste par un vivre ensemble avec des temps communs. Les premiers résultats sont très positifs !
– Chantier diaconal : monter une équipe de bénévoles en partenariat avec le réseau des expatriés et l’association Friendship Place qui accompagne des personnes en situation de précarité. Nous avons actuellement 25 personnes devenues volontaires et qui ont suivi une formation depuis octobre. C’est donc un projet en très bonne voie.
– Enfin, un projet pour répondre à des demandes nombreuses de séjours linguistiques : nous recevons régulièrement des demandes de familles françaises, souvent issues du milieu protestant, qui cherchent à envoyer leurs enfants aux Etats-Unis. Nous allons réfléchir pour proposer une fois par an un séjour linguistique en partenariat avec une Eglise américaine. Si vous êtes intéressé, faites-nous signe!

Pour relever ces multiples défis, je terminerai par un slogan pour le présent de notre Eglise

Ne demandez pas à Dieu ce qu’il peut faire pour vous, demandez-lui ce que vous pouvez faire pour lui

Slogan détourné et emprunté à un certain JF K dont nous venons de commémorer le cinquantenaire de sa mort. « Le slogan d’hier est rassi, le slogan de demain n’est pas cuit, merci Seigneur pour celui d’aujourd’hui, et à tous bon appétit pour l’Evangile ! »
Pasteur Cyrille Payot

Pasteur Cyrille Payot
6200 Massachussets Avenue
Bethesda MD 20816 – 1153
Tel : 001 301 320 39 55
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