L’Église protestante évangélique de Djibouti est la seule Église protestante officiellement reconnue par le gouvernement de ce pays musulman, elle a donc vocation à accueillir une très grande diversité confessionnelle.
La liste des groupes constitués au sein de la paroisse s’allonge. Elle compte désormais :

L’école du dimanche qui porte bien son nom puisque les enfants sont pris en charge pendant le culte. La moyenne est de 25 enfants, mais le total des enfants qui y participent tourne plutôt autour de 50. Les enfants sont encadrés par une équipe de 4 monitrices. Cette année ils ont travaillé sur le livre des Actes et animent des parties du culte à l’occasion des grandes fêtes de l’année liturgiques.

Le groupe des femmes poursuit ses réunions mensuelles.
Une équipe diaconie a été créée, à la demande du Conseil de paroisse elle a été invitée à travailler sur des critères d’attribution de l’aide sociale.
Un groupe d’intercession se réunit tous les vendredis soir.
Un groupe anglophone de partage biblique se réunit avec le pasteur tous les mardis matin, il revient sur les textes bibliques et la prédication entendus le dimanche précédent de façon à pouvoir mieux réfléchir sur les thèmes abordés.Une équipe d’accueil pour le culte a été constituée et le Conseil de paroisse envisage aussi de créer une équipe chargée de visiter les personnes malades ou les personnes connues de la paroisse qui ne sont pas venues à l’EPED depuis longtemps.

Le Conseil de paroisse s’est courageusement attaqué à des questions délicates :

La forme du culte: comment faire pour contenter tout le monde? Certaines familles malgaches de tradition réformée trouvent que le culte est devenu trop évangélique, trop informel, et préfèrent aller prier chez les catholiques. L’aumônier militaire Jean-Philippe Isorez assure, à sa demande, un culte par mois environ, mais la forme charismatique qu’il donne au culte n’est pas celle que donne habituellement le pasteur Michael Schlick, et cette diversité trouble certains.

La Sainte Cène: peut-on accueillir tout le monde à la Cène (y compris des Djiboutiens qui ont encore un pied dans l’Islam) ou faut-il se montrer plus exigeant sur un parcours catéchétique préalable pour que les personnes nouvelles comprennent bien la signification de la Cène? Les plus évangéliques dans la communauté ont du mal à accepter que la Sainte cène soit largement ouverte à tous.

La notion de membre d’Église. Le Conseil constate que certains chrétiens qui fréquentent l’EPED, se sentent membre de l’Église dans leur pays d’origine, mais pas de l’EPED. Ceci a des conséquences en terme financier, leur offrande n’est pas au niveau de ce qu’elle pourrait être car elles continuent à verser leur offrande principale au pays. Un petit groupe travaille sur ce que le Conseil de paroisse a appelé une ‘charte’ c’est-à-dire un texte qui précise ce qui unit les membres de l’EPED les uns aux autres et en particulier la responsabilité financière.

Le Conseil de paroisse a décidé d’avoir une animation financière régulière pour inciter les paroissiens à participer d’avantage à la vie financière de l’Église. Le Conseil a décidé de faire un effort particulier pour que la communauté participe à la rénovation du temple: il a fixé un objectif de 2500 € pour l’année 2013.

La principale préoccupation de l’Église reste le chantier de rénovation des locaux qui a démarré depuis 2009 et qui se poursuivra jusqu’à l’été 2014.
On ne mesure pas bien depuis Paris à quel point la gestion du chantier absorbe d’énergie et de temps de la part du pasteur et surtout de l’administrateur qui est plus directement chargé de la répartition du travail, des approvisionnements, des relations avec les entreprises sous-traitantes.

Il fait depuis le début du chantier un tout autre métier que celui qui était le sien auparavant.

Cela veut dire qu’il n’aurait pas la disponibilité pour gérer en même temps de grosses filières de formation avec un programme pédagogique, des professeurs et des élèves. Mais la principale difficulté en ce qui concerne la reprise de l’activité de formation, ne tient pas tant à l’organisation du travail qu’à la question des financements. Il faut rappeler que jusque là l’EPED a été plutôt opportuniste: mis à part l’activité école maternelle qui était à peu près financée par les écolages, elle a organisé des formations là où elle avait réussi à obtenir des financements. Le programme de formation aux métiers de secrétariat pour des jeunes filles du quartier PK12 était subventionné par l’AFD au travers de l’Agence djiboutienne de développement social. Le programme de formation destiné aux personnes affectées par le VIH-Sida était en principe financé par la Banque mondiale. Avec l’installation d’une base militaire américaine à Djibouti, de nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir. Par l’intermédiaire des aumôniers militaires, l’Église méthodiste aux États-Unis envisage d’envoyer des volontaires comme enseignants dans le centre de formation de l’EPED. Des formations sont donc déjà en préparation :

– Formation professionnelle pour des handicapés moteurs, en lien avec l’ONG allemande Johanniter.
– Formation à l’entreprenariat, à commencer peut être avec les jeunes déjà formés à l’EPED pour leur permettre de se lancer, seul ou à plusieurs.
– Cours du soir : le besoin reste fort, même si l’offre est assez fournie à Djibouti. Cette année seuls les cours d’anglais (16 élèves sur 2 niveaux) et d’informatique ont pu être donnés. Le tarif des cours du soir permet de rémunérer les professeurs (40 %) mais laisse une marge à l’EPED pour contribuer à ses charges fixes. Malheureusement, les locaux en chantier ont été dissuasifs et les effectifs ont fortement diminué.

Le Directoire de l’Église envisage une reprise progressive des activités :
De novembre 2013 à juin 2014, une première session de formation à l’entreprenariat avec une vingtaine d’élèves.
Dès que les financements du PNUD seront confirmés, des formations décentralisées en informatique à Tadjoura (au nord) et Dikhil (au sud)
A partir de 2014, montée en puissance avec l’ouverture de 2 ou 3 filières différentes.
Depuis septembre 2013, les travaux ont commencé sur le bâtiment qui abrite le temple et le bureau du pasteur. Ils devraient se terminer à l’été 2014. Au-delà de la perturbation réelle occasionnée par ce chantier de longue durée, et de toutes les tracasseries administratives, l’EPED a complètement changé son image au sein de la population et des autorités djiboutiennes.

Le pasteur Michael Schlick écrit en février 2014: « Nous ne récoltons que des remarques de respect et des félicitations de la part des personnes venant de l’extérieur. Le premier conseiller de l’ambassade de France est venu récemment avec une délégation (ministère de la culture, architectes etc.) en déclarant l’EPED comme meilleur exemple de gestion du patrimoine à Djibouti (l’idée architecturale et l’idée du chantier école). L’EPED est devenu un lieu qui attire, parfois on est étonné des demandes. La semaine prochaine, je vais recevoir une classe du lycée Kessel pour faire visiter et expliquer ce que l’Église Protestante est en train de faire par exemple »

L’EPED donne des signes évidents de bonne santé et de croissance, ce qui est réjouissant. Le nombre d’enfants est élevé (plus d’une cinquantaine), les groupes thématiques se multiplient, les communautés ethniques et les générations se brassent volontiers. Le culte ne rassemble jamais moins de 60 ou 70 personnes. Des paroissiens se mobilisent dans l’intercession, dans les visites aux malades, dans la diaconie.

On commence à voir des Djiboutiens qui participent au culte régulièrement et même qui participent à la Sainte Cène, ce qui pose d’autres questions. Le pasteur Michael Schlick qui est en poste jusqu’en 2015 et qui aura effectué 10 ans de service à Djibouti, vient de demander une nouvelle prolongation de son contrat. (Défap)

Pasteur
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